

ALL GONE 2025!
THIS IS CULTURALLY INAPPROPRIATE! Non, on ne parle pas ici du dernier album de Clipse (qui a d’ailleurs gagné le Grammy de la meilleure performance rap il y a quelques jours pour le magnifique Chains & Whips en featuring avec K-dot). Non, on parle aujourd’hui du dernier tome, le vingtième, de la série All Gone publié par La MJC.
Michael Dupouy annonce la couleur d’emblée : le pessimisme semble devenir la norme depuis la fin de la pandémie, et la street culture, qui avait jusqu’alors réussi à proscrire ce terme de son vocabulaire, semble être rattrapée par la réalité de son environnement. Arrivée au terme d’un cycle d’expansion qui paraissait sans fin (coucou les années 2010 qui ont vu une sur-marchandisation des sous-cultures), cette même culture peine aujourd’hui à reprendre son souffle : "la passion s’est heurtée à la raison. L’instinct a cédé la place à la logique".
Il faut dire qu’après des années de normalisation, d’optimisation, de recherche de validation, de monétisation, on pouvait facilement s’attendre à ce phénomène, car la question posée ici est assez claire : "Qu’est-ce que la street culture à encore à nous dire, à nous donner ?"
Alors, tout n’est pas dramatique non plus : des niches continuent d’exister et alimentent cette culture que l’on aime tant, mais il va globalement falloir revoir le modèle, car redevenir CULTURALLY INAPPROPRIATE n’est pas un risque, c’est une nécessité!
Coup de chance me direz-vous, la pandémie semble avoir complètement redistribuée les cartes : on se dirige tranquillement mais sûrement vers l’abolition du culte de la performance. Il ne suffit pas de savoir faire quelque chose, il faut maintenant avoir une proposition.
J’aime à penser que le recul de la mondialisation va aussi se voir dans ce contexte : les collabs mondiales tous les trois jours laissent place aux releases un peu plus intimistes et avoir le sens d’appartenance à un groupe va redevenir important (c’était un peu du pour moi de le ressentir en tout cas).
Premier tome que je me procure, donc, j’avais hésité pour les précédents (c’est un bel objet qui ne justifiait pas le prix selon moi, je saute le pas, on verra si j’ai eu raison huh).
En attendant, si comme moi vous êtes curieux.se, et que, pas forcément comme moi, vous avez un peu d’argent à dépenser, alors foncez, deux covers faites par Futura, chacune limitée à 1000 exemplaires, c’est dispo ici.

