Le titre est compliqué. Le reste, non. On raconte ce qui mérite d’être raconté.

SOULJA BOY - MY WAY OF LIFE!SOULJA BOY - MY WAY OF LIFE!SOULJA BOY - MY WAY OF LIFE!

SOULJA BOY - MY WAY OF LIFE!

On est en septembre 2009 et c’est à ce moment précis que ma vie d’auditeur de rap va littéralement changer avec la découverte des mixtapes gratuites et des sites qui les hébergent : HotNewHipHop, Datpiff, Livemixtapes et j’en passe.

Je vais vous parler d’une mixtape qui m'a particulièrement marqué à l’époque, My Way of Life de Soulja Boy. Avec Alaska In Atlanta d’OJ Da Juiceman et Guddaville de Gudda Gudda, MWOL est une des premières mixtapes que j’ai téléchargé sur Internet. Un nouveau monde s’ouvrait à moi, des milliers de projets mal mixés avec des covers plus ahurissantes les unes que les autres étaient disponibles en téléchargement gratuit. J’avais plus qu’à les télécharger en format zip, en extraire les dossiers et le tour était joué. Le paradis sur Terre.

Premier point qui m’a attiré vers cette mixtape, c’est l’artiste. J’avais passé mon année à écouter son deuxième album studio, iSouljaBoyTellem, en boucle sur mon MP3 que j’avais sûrement téléchargé sur Limewire. Grâce à cet album, j’ai pu découvrir Gucci Mane, Shawty Lo, Yo Gotti ou encore Drumma Boy et Zaytoven, qui restent encore aujourd’hui mes super-héros de jeunesse.

Deuxième point qui m’a attiré, c’est cette cover. On peut trouver ça débile et pas très beau à premier abord mais c’est vraiment tout ce que j’aime. Une McMansion illuminé à l’arrière, une Lamborghini qui match avec la Lamborghini télécommandé en pendentif autour du cou de Soulja Boy, une montre aussi grosse que son poignet, un segway qui veut sûrement dire que sa maison est trop grande pour s’y promener à pied, une écharpe Louis Vuitton autour du coup… Bref, les Etats-Unis.

Mais au niveau musique ça dit quoi ? Je ne vais pas être très objectif mais c’est excellent, sûrement l’une de ces meilleures mixtapes à ce jour. Hosté par DJ Ill Will, DJ Rockstar et DJ Woogie, le projet dégueule de tags trop forts qui te font sursauter toutes les 2 minutes, des interludes de 15 secondes qui ne servent pas à grand-chose, mais c’est ça le charme d’une mixtape des années 2000. On est en 2009, ce qui veut dire que Gucci Mane règne en maître à cette époque et qu’on est en plein dans la futuristic era, période importante pour la ville d’Atlanta et le rap en général. My Way of Life est une combinaison de tout ça, une forte influence de Gucci et du Bricksquad mélangé à des productions futuristic signés KE on the Track, Hollywood J ou encore Ham Squad. On a même le droit à un Soulja Boy plus profond sur le freestyle de Successful (morceau de Drake) qui est peut-être un des meilleurs morceaux du projet.

My Way of Life n’est malheureusement pas disponible sur les plateformes de streaming qu’on connait tous mais vous pouvez toujours l’écouter et la télécharger sur Livemixtapes comme au bon vieux temps.

ENGLISHMAN!ENGLISHMAN!ENGLISHMAN!

ENGLISHMAN!

On est le 18 juin 2016, Supreme sort son dernier drop qui inclut quelques tees collabs avec l’image d’un gamin sur fonds de Rolls Royce avec la mention « ENGLISHMAN ». Ce gamin? Nul autre que le jeune Barrington Levy, 15 ans à peine (19 selon ses propres mots dans le dernier numéro de Living Proof, mais étant né en 1964, il faudrait revoir quelques notions de maths) lors de la sortie de cet album majestueux en 1979, qui a contribué à poser les jalons de la musique dance hall.

La couverture de l’album, prise lors de sa première tournée au Royaume-Uni en 1979, montre Levy posant devant une Rolls-Royce Silver Shadow II de la fin des années 70 : un artiste ado sur des terres étrangères, stylé et qui capture déjà tous les regards. Il faut dire que le jeune Barrington est d'une précocité rare : c'est l'un des premiers à retranscrire l'énergie brute du genre sur disque, notamment son côté uplifting.

Englishman est un album détendu et sensuel, parmi les plus populaires de Levy hors de Jamaïque, sa terre natale. Un bon point d’entrée dans son univers, donc, qui saura s’installer dans toutes vos meilleures playlists.

Pour aller plus loin : Eek-A-Mouse (l’album Wa-Do-Dem en tête de liste), Gregory Isaacs, et en guise de passerelle inattendue, Live in the Ghetto, son duo avec notre Niro national, issu de l'album Miraculé, que je découvre peu avant d’écrire ces lignes.

STAY IN THE KNOW!

BENJAMIN EDGAR OBJECT COMPANY!BENJAMIN EDGAR OBJECT COMPANY!BENJAMIN EDGAR OBJECT COMPANY!

BENJAMIN EDGAR OBJECT COMPANY!

Est-ce qu’on n’aurait pas tous besoin d’un IPN en guise de porte clé ? C’est en tous cas ce que je ressens depuis que j’ai vu ce petit objet mystérieux mis sur le marché par le génial Benjamin Edgar Gott.

Si vous lisez ce blog, et avez la référence de l’UI, vous savez que tout part de The Brilliance. Parmi les comparses à l’origine de ce joyau de la blog culture, on trouvait enter autre Benjamin Edgar, un designer pluridisciplinaire basé à Chicago ayant une quête dans sa vie : ne jamais perdre sa curiosité. Alors pour ça, il touche à tout : une marque de bouteilles d’eau, une boîte littéralement appelée « an object company » parmi d’autres projets géniaux.

Sous cette dernière, lancée en 2009, Benjamin Edgar crée des objets mêlant irrévérence, confusion et attention intense aux détails. Chacune des pièces vendues équilibre l'utile et l'inutile, invitant à explorer, rêver, et regarder le monde qui nous entoure sous un angle différent : on trouve donc un porte clé IPN, un cintre au design inspiré des techniques d'allègement structurel utilisées dans les pièces métalliques usinées. Des objets presque totalement inutile donc, mais fascinant à tenir en main, inattendus, superflus, beaux.

SWITZERLAND - CHICAGO

LIVING PROOF!LIVING PROOF!LIVING PROOF!

LIVING PROOF!

J’adhère à 100% à cette approche touriste vs. puriste. Virgil Abloh disait "qu’un puriste peut trouver de la valeur dans le sens à partir d'une prémisse sous-jacente, tandis qu'un touriste, lui, est animé par la curiosité et l'ambition — il est prêt à partir en quête, à chercher à savoir, à apaiser ce besoin de voir quelque chose ou d'en apprendre davantage".

Living Proof représente a peu près cette approche. Au travers de chaque interview, on s’y fait le troisième protagoniste, le témoin d’une discussion entre deux copains qui ne se sont pas vus depuis un moment. Plus que ça, on est invités à entrer dans ce fil de références, on est invités à aller creuser de notre côté, avoir ce rôle de documentaliste. On est le touriste. Et les deux puristes font en sorte que la conversation soit digeste, accessible.

Mais Living Proof c’est quoi d’autre? Pas de description claire sur leur site, je vais donc emprunter celle de Maharishi Store : Living Proof se veut une archive culturelle de parcours singuliers, unissant les mondes du skateboard, du graffiti, des scènes musicales underground et des arts qui leur sont liés. Parmi les passeurs de savoir, on trouve Devon Ojas, William Strobeck, Carpet Company, Aurel Schmidt, Turnstile, Katsu, Barrington Levy, Andrew Reynolds, et j’en passe!

Tu peux te procurer le zine chez quelques (bons) shops ou directement via le Patreon de Living Proof, où il mettent des interviews vidéos à disposition pour les plus curieux.se d’entre nous.

On est sur une fréquence mensuelle, avec une alternance entre édition artiste (Dadoum, Boogie, Larry Clark) et une édition standard.

STAY IN THE KNOW!

BLURRING BOOKS!BLURRING BOOKS!BLURRING BOOKS!

BLURRING BOOKS!

Si j'ai un pêché mignon, c'est bien les petites publications de bouquins indépendantes. Blurring Book tape dans le mille, je la découvre il y a quelques mois, au détour d'un scroll infini sur Instagram.

C'est simple, je la découvre grâce au bouquin d'un zinzin (Michael Lorenzini) qui répertorie toutes les pilules qu'il a testé dans sa vie, graphique, épuré, combo gagnant. En diggant un peu plus leur catalogue, je me rend compte qu'un auteur pas totalement inconnu y publie également : DB Burkeman.

Alors le monsieur, je le connais de son bouquin de stickers publié chez Rizzoli que j'avais déniché chez Renouveau à l'époque, je trouvais l'idée géniale (et ça m'a valu quelques moqueries, un jour les gens comprendront). Chez BB, il publie un nouveau bouquin de stickers avec des planches de stickers d'une cinquantaine d'artistes, de Nate Lowman a Louise Bourgeois, de Marylin Minter à Daniel Johnston. Je note, je le prendrais plus tard.

Le plus tard arrive plus vite que prévu, alors que j'ère dans Soho et que je passe par hasard devant la boutique Staple où je me souviens que BB possède un petit rayon. Coup de chance, ma pépite y est disponible, et signée qui plus est. Quand je m'en empare, j'entends derrière moi "it took my X years to complete it," DB Burkeman himself, qui se trouve être le boss de Blurring Books. La boucle est bouclée.

Je ne peux que recommender leurs bouquins, c'est artsy, beau, accessible, et on les veut TOUS !

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