Je me demandais comment écrire sur Matt McCormick, quel angle adopter. Je suis allé fouiller sur les différentes biographies de galeristes en espérant trouver les bons mots pour décrire le travail de ce Californien d’origine qui partage aujourd’hui sa vie entre ses studios de Los Angeles et New York, mais tout est trop léché, pas l’approche de la maison donc.

McCormick commence sa carrière en tant que roadie et tatoueur pour des groupes comme Trash Talk ou le tout jeune collectif Odd Future, l’aidant à créer un certain momentum. Il tatouera également son homonyme Malcolm McCormick, plus connu sous le nom de Mac Miller (RIP). Mais, fatigué de cette vie itinérante et voulant mettre fin à une sévère addiction à l'héroïne, McCormick se pose quelques mois à San Francisco pour dessiner et tatouer, avant d'opérer une bascule complète vers « l'art ».

Son travail, qui m’évoque (sûrement à tort) celui de Wes Lang et Richard Prince (pour le rapport à l’Americana notamment) s’appuie sur la mémoire culturelle de l'Ouest Américain, et du rêve américain, des années 50-60-70 (tu choisis). De ses propres mots, "sa pratique explore la tension entre les mythologies historiques et les débris contemporains, où cow-boys, autoroutes et rêves hollywoodiens se dissolvent dans les textures de l’expérience vécue".

Pas de nostalgie non, mais un palimpseste : une toile déjà peinte sur laquelle on viendrait actualiser le sujet, où l'Ouest existe moins comme un lieu fixe que comme un territoire psychologique mouvant.

Multi-supports, il peint, dessine, photographie, sculpte, réalise des vidéos, tatoue, fait de la direction artistique. Il est connu du grand public pour ses couvertures d'albums, de Don Toliver (Heaven or Hell), Bad Bunny (Nadie Sabe Lo Que Va a Pasar Mañana), au autres Dirty Heads (Super Moon).

Ce qui m'obsède surtout avec ce monsieur, c'est sa technique, je ne sais pas si tout est fait à la main, s'il utilise des pochoirs / sérigraphie, et aussi les petites phrases qu'il glisse sur ses dessins, qui représentent autant d'invitations à entrer dans un monde de références rock psychédéliques ou punk.

Niveau actualité, ça fait un moment que je le vois revenir dans mon feed Instagram, via des stories, des posts de sa marque One of These Days, dont le café était ouvert à Paris il y a quelques semaines et où l'on pouvait trouver de supers éditions (et que j'ai bien évidemment raté).

Enfin bref, j'adore son travail, et je ne peux que vous conseiller de vous perdre vous aussi dans les canyons ouest américain à errer sur votre monture, entre les strates d'une Amérique qui n'en finit pas de se réécrire. Finalement, est-ce que rejeter la nostalgie n’est pas l’idée même de tenir un blog en 2026?